Comment lire et comprendre les rapports de My Activity google.com ?

My Activity google.com centralise l’ensemble des interactions enregistrées par votre compte Google : recherches, vidéos YouTube visionnées, navigations sur Chrome, déplacements dans Maps, requêtes vocales à l’Assistant. Accéder à cette page est simple. Lire ce qu’elle affiche réellement, comprendre la portée de chaque ligne et savoir ce qui se cache derrière les filtres l’est beaucoup moins.

Ce que la page My Activity google.com enregistre vraiment

La première source de confusion vient du périmètre. My Activity ne se limite pas aux recherches tapées dans la barre Google. La page agrège des événements issus de services très différents : Chrome, YouTube, Maps, Google Ads, le Play Store, l’Assistant vocal, Gmail (dans une moindre mesure) et même les interactions avec des applications tierces connectées via le compte Google.

Chaque entrée dans le journal affiche un horodatage, le service concerné et un résumé de l’action. Une recherche sur Google apparaît avec le texte exact de la requête. Une vidéo YouTube affiche le titre et la chaîne. Un déplacement Maps indique l’adresse ou le type de lieu.

Le détail qui échappe souvent : cliquer sur le bouton « Détails » à côté d’une entrée révèle des métadonnées supplémentaires. Vous y trouverez l’appareil utilisé (modèle du téléphone, navigateur), parfois l’adresse IP approximative, et le canal d’accès (application mobile, navigateur web). Ces métadonnées permettent de distinguer une recherche effectuée depuis votre téléphone professionnel d’une autre lancée sur l’ordinateur familial.

Homme analysant ses données d'activité Google sur deux écrans dans un espace de coworking moderne

Scission des paramètres d’activité : Search Services History et Personalized Recommendations

Depuis juin 2026, Google a commencé à scinder l’ancien bloc unique « Activité sur le Web et les applications » en deux réglages distincts dans le compte Google et My Activity. Le premier, Search Services History, contrôle l’enregistrement des événements liés à la Recherche, Maps, Shopping, Vols, Hôtels, Traduction et Google Actualités. Le second, Personalized Recommendations, détermine si ces données servent à personnaliser les résultats et suggestions.

La distinction est capitale pour la lecture des rapports. Un historique activé ne signifie plus automatiquement une personnalisation active. Vous pouvez constater des entrées enregistrées dans My Activity tout en ayant désactivé leur utilisation pour les recommandations. Inversement, désactiver l’historique coupe aussi la personnalisation, puisqu’il n’y a plus de données à exploiter.

Ce déploiement est progressif. Si vos paramètres affichent encore un seul bloc « Activité sur le Web et les applications », la migration n’a pas encore atteint votre compte. Les deux configurations coexistent actuellement, ce qui complique la lecture des guides en ligne rédigés avant cette scission.

Filtres et regroupement : décoder l’affichage de My Activity

Par défaut, My Activity affiche un flux chronologique inversé (le plus récent en haut). Ce format noie rapidement l’information utile sous le volume. Quelques mécanismes de tri existent, mais leur fonctionnement mérite d’être explicité.

  • Le filtre par produit permet d’isoler un service (YouTube, Recherche, Maps, Assistant, Chrome, etc.). C’est le levier le plus efficace pour cibler un type d’activité sans parcourir des centaines de lignes mixtes.
  • Le filtre par date restreint l’affichage à une période définie. Combiné au filtre par produit, il permet par exemple d’examiner toutes les recherches Maps effectuées sur un mois donné.
  • La barre de recherche interne à My Activity accepte des mots-clés. Taper le nom d’un site, d’une vidéo ou d’un lieu fait remonter toutes les entrées correspondantes, quel que soit le service d’origine.

Un point rarement mentionné : le regroupement automatique. Google agrège parfois plusieurs actions en une seule carte visuelle (par exemple, plusieurs recherches rapprochées dans le temps). Ce regroupement masque des entrées individuelles. Déplier la carte révèle le détail complet.

Données Gemini et interactions IA dans My Activity

Les conversations avec Gemini (anciennement Bard) apparaissent dans My Activity sous une section dédiée, distincte de la Recherche classique. Les requêtes adressées à Gemini sont enregistrées séparément et possèdent leurs propres paramètres de conservation. La page Gemini Apps Activity, accessible depuis les paramètres du compte, permet de consulter et supprimer ces échanges indépendamment du reste de l’historique.

Ce cloisonnement a une conséquence directe sur la lecture des rapports : supprimer l’historique de recherche Google ne supprime pas les conversations Gemini, et inversement. Deux nettoyages distincts sont nécessaires pour un effacement complet.

Jeune adulte consultant son historique d'activité Google sur une tablette depuis son canapé

Suppression automatique et vérification de l’activité Google enregistrée

Google propose trois options de suppression automatique de l’historique : trois mois, dix-huit mois, ou trente-six mois. Ce réglage s’applique globalement à l’activité Web et applications, mais pas aux données Gemini ni à l’historique YouTube (qui dispose de ses propres paramètres de rétention).

Vérifier la configuration active demande de se rendre dans les paramètres de chaque catégorie d’activité. Voici les points à contrôler :

  • La suppression automatique est-elle activée, et sur quelle durée ? Par défaut, Google fixe souvent dix-huit mois pour les nouveaux comptes.
  • L’historique des positions (Timeline dans Maps) a ses propres réglages de conservation, indépendants de la suppression automatique Web.
  • L’historique YouTube (recherches et vidéos regardées) se gère séparément, avec ses propres options de pause et de suppression automatique.
  • La vérification supplémentaire d’identité pour afficher l’historique complet (mot de passe requis) peut être activée dans les paramètres de Mon activité pour limiter l’accès sur un appareil partagé.

La fragmentation de ces réglages explique pourquoi beaucoup d’utilisateurs pensent avoir « tout supprimé » alors que des pans entiers d’activité restent intacts dans des sous-catégories distinctes.

Télécharger ses données via Google Takeout pour une lecture hors ligne

My Activity offre une vue en ligne, mais Google Takeout permet d’exporter l’intégralité de l’historique sous forme de fichiers JSON ou HTML. L’export inclut des champs absents de l’affichage web : identifiants de session, coordonnées GPS précises (pour l’historique des positions), et timestamps au format machine.

Le fichier JSON est exploitable dans un tableur ou un outil de traitement de données. Les entrées y sont structurées par service, avec un objet par événement contenant l’horodatage, le titre, l’URL visitée et les métadonnées de l’appareil. Pour une analyse approfondie de plusieurs années d’activité, cette méthode est la seule viable : l’interface web de My Activity devient difficile à parcourir au-delà de quelques semaines d’historique.

La lecture des rapports My Activity ne se résume pas à faire défiler une liste de recherches passées. La scission récente des paramètres, le cloisonnement des données Gemini, la fragmentation des réglages de suppression par service et les métadonnées accessibles uniquement via le bouton « Détails » ou l’export Takeout dessinent un tableau plus complexe que ce que l’interface suggère au premier coup d’oeil.

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